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Exposition : “We Can Do It! - Des Guerrilla Girls à Claire Tabouret"

Par VERONIQUE BESSON, publié le lundi 17 mai 2021 10:58 - Mis à jour le vendredi 21 mai 2021 08:14
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Exposition au collège de 10 œuvres de femmes artistes venant de l’artothèque de Villeurbanne, organisée par l'association “Réseau expo”, dont l'objectif principal est la diffusion de l'art contemporain dans les établissements scolaires.

Cette exposition est visible au premier étage du Bâtiment A dans le couloir menant au CDI à partir du mardi 18 mai.
 

 

Les artistes exposées :

 

Guerrilla Girls : Free the women artists of Europe, 2013

Scandalisé par la faible présence des artistes féminines (moins de 8 %) à une exposition organisée par le Musée d’Art moderne de New York, ce collectif de plasticiennes féministes se forme en 1985 pour dénoncer le sexisme et le racisme dans les institutions artistiques. Elles dénoncent, avec humour et ironie, les obstacles rencontrés par les femmes artistes et leur faible représentation dans les collections des musées.

Une de leurs actions la plus connue est, en 1989, une affiche reproduisant La Grande Odalisque d’Ingres, la tête remplacée par celle d’un gorille rugissant, posant cette question : « Faut-il que les femmes soient nues pour entrer au Metropolitan Museum ? Moins de 5 % des artistes de la section d’art moderne sont des femmes, mais 85 % des nus sont féminins. » Elles placardent l’affiche sur les bus et les murs de New York.

Portant des masques de gorille lorsqu’elles se produisent en public, elles interviennent en empruntant le nom de grandes artistes décédées.

A propos de l’affiche « Free the women artists of Europe », elles écrivent :

« Nous avons créé un nouveau projet pour la Biennale de Venise il y a quelques années. Au cours de nos recherches, nous avons découvert que tous les musées de Venise, sauf un, possédaient des œuvres d'artistes femmes. Presque tout était conservé dans les sous-sols, dans les entrepôts, et n'était pas accroché dans les galeries. Lorsque nous avons examiné d'autres musées en Europe et aux États-Unis, nous avons constaté la même situation. La plupart des musées n'ont qu'un nombre dérisoire de femmes artistes et artistes de couleur exposés, même des musées contemporains.Plus nous y avons pensé, nous n'avons pas pu résister à créer cette image de grandes femmes artistes de l'histoire enfermées dans un donjon, à l'abri des regards. Voici donc Elizabeth Vigée-Le Brun, Berthe Morisot, Yayoi Kusama, Sonia Delaunay, Edmonia Lewis, Ana Mendieta, Pan Yuliang, Alice Neel et d'autres qui regardent derrière la prison de l'histoire de l'art. Collez-les sur ou à proximité du musée de votre choix. Vous pouvez également télécharger une petite version...et envoyer ou envoyer par courrier électronique des milliers d'exemplaires aux directeurs de musée, aux conservateurs et aux donateurs qui les financent. Dites-leur que ce n'est pas OK. Dites-leur qu'ils ne peuvent pas écrire l'histoire de leur culture sans inclure toutes les voix de leur culture. »

 

 

Corita KENT (1918-1986) : Yellow submarine, 1967

« Make love not war-Vietnam-What has it done to the home of the brave?
« and our friends are all aboard many more than live next door » (extrait de la chanson des Beatles : « Yellow submarine »)

Soeur Corita Kent est une artiste contemporaine d’Andy Warhol. Elle est éducatrice dans une école religieuse à Los Angeles et militante.

Son œuvre, avec ses messages d'amour et de paix, a rencontré le succès dans le cadre des mouvements de la contre-culture des années 1960 et 1970.

Sa technique de prédilection est la sérigraphie. Elle s'inspire de la culture populaire et combine des images liées à des produits de consommation, comme ici un logo, des extraits d’écrivains, associées à des messages religieux ou des slogans politiques du mouvement des droits civiques et des manifestations anti-guerre.

 

 

Niki DE SAINT PHALLE (1930-2002) : Nana serpent, 1992

Niki de Saint Phalle refuse la place traditionnelle attribuée à la femme et crée ses célèbres Nanas, femmes monumentales aux formes arrondies et aux motifs colorés qui expriment sa révolte contre la domination masculine. « Libérées du mariage et du masochisme elles sont elles-mêmes, elles n’ont pas besoin de mecs, elles sont libres et joyeuses », explique l’artiste.

On retrouve le serpent dans presque toutes les religions. Il incarne aussi bien le mal (Adam et Eve) que l’immortalité et les forces de création de la vie. La déesse cobra égyptienne est probablement vénérée dans un rite de fertilité. Le serpent se retrouve comme protecteur sur le caducée, sur la coiffe de pharaon...

Niki de Saint Phalle, qui s’intéresse aux mythes et aime la sensualité du serpent, le représente dans des dessins et dans ses sculptures, comme la Nana du jardin des Tarots, en Toscane, triomphante, brandissant des baguettes pour diriger l’univers, dressée sur un pied sur un oeuf enserré par un long serpent multicolore qui s’enroule autour de sa cuisse. La Nana est une nouvelle Ève foulant aux pieds le serpent tentateur qui menace le monde terrestre. Niki de Saint Phalle a aussi créé un parfum et dessiné le flacon dont le bouchon représente deux serpents enlacés, le doré figurant l’homme, le multicolore, la femme.

 

 

Barbara KRUGER (1945) : Don’t make me angry, 1999

Sérigraphie éditée en 50 exemplaires

D’abord graphiste publicitaire, l’artiste américaine est devenue célèbre pour ses photomontages de photographies de presse sur lesquels elle superpose des slogans concis et agressifs, souvent en blanc, noir et rouge. Elle prend pour cible la société de consommation et les minorités ethniques et sexuelles, soumises à l’autorité et aux stéréotypes sociaux.

Ce travail évoque les menaces de violence physique et domestique.

 

 

Michèle MAGEMA : Mes petits rituels n°1, 2003

Cette photographie fait partie d’une série de 6 photographies.

Née au Congo en 1977, Michèle Magema vit en France à partir de 1984. Elle rentre au pays natal plus de trente ans plus tard.

Elle emploie vidéo, performance, photographie, installation et dessin et prend comme thèmes l’exil, les effets du monde globalisé sur l’individu, l’état de postcolonisation, le corps féminin...
Dans son travail, elle part de son histoire personnelle pour critiquer et déconstruire la représentation occidentale égocentrée qu’est l’exotisme. Elle utilise sa propre image pour révèler ses identités plurielles et offrir l’image d’un être libre et contemporain « Capable de se maquiller comme une femme de tradition et après sortir en ville avec un « Look » moderne et l’envie de s’enrichir avec les autres cultures du monde. » (article de Tatu Taniki)

 

Joséphine MECKSEPER : Sans titre :(%) Shelf, 2007

Née en 1964 en Allemagne, photographe, vidéaste et artiste, Joséphine Meckseper vit à New York.

Elle a créé cette œuvre pour le NY Art book fair 2007.

C’est une photo énigmatique : un modèle sur un socle, à sa droite, une bande de mosaïque de losanges colorés. La publicité de mode est imprimée à l'envers et sa surface est couverte de coups de pinceau rugueux bronze.

Dans ses collages et ses installations, Josephine Meckseper utilise l’esthétique de la publicité et de la mode pour critiquer la représentation de la femme et la culture de consommation.

 

 

Ann CRAVEN (1967) : Pink bird with cherries, 2011

Ann Craven est une peintre américaine contemporaine connue pour ses représentations d’oiseaux, de la lune et de rayures multicolores. Elle prend comme sujets des oiseaux communs mais elle ne cherche pas à faire une représentation naturaliste. Ses images sont attrayantes, charmantes. Mais ce qui l’intéresse, c’est les sujets qui offrent «  une variable constante ». Elle travaille par séries, copie et revisite continuellement ses compositions. Les différences entre chaque toile sont comme notre existence, en constante évolution.

Ann Craven a été invitée au Centre Neiman en 2011 à travailler avec le maître imprimeur Nathan Catlin, pour créer une gravure sur bois de réduction. La gravure sur bois de réduction est une technique complexe car elle utilise un seul bloc pour imprimer toutes les couleurs au lieu d’un bloc par couleur. Le bois est sculpté, la couleur est imprimée puis le bois est à nouveau sculpté, la couleur suivante imprimée ; un processus qui se répète jusqu'à ce que l'édition soit terminée.

 

 

Sophie CALLE : Chambre avec vue, 2013

Lors de cette performance réalisée dans le cadre de la Nuit Blanche à Paris, Sophie Calle prend ses repères dans une chambre installée en haut de la tour Eiffel. Elle invite qui veut à se coucher à ses côtés pour quelques minutes et à lui raconter des histoires afin de la tenir éveillée . Une manière de s’approprier personnellement un lieu symbolique qui n’appartient à personne en propre mais appartient à tous, étant notre patrimoine commun. Sophie Calle aime créer des histoires fondées sur une fiction personnelle. Dans son œuvre, elle utilise souvent un lit et invite des gens à partager avec elle cet espace intime.

 

 

Claire TABOURET (1981): The sentinel : pale, 2016

L’artiste française a étudié à l'École des Beaux-Arts de Paris et vit et travaille à Los Angeles.

Ses tableaux représentent des corps en confrontation, des portraits, les migrants... Elle emploie les teintes synthétiques du maquillage et les tons tamisés de la terre. Dans ses monotypes, elle utilise les taches fantômes laissées par la presse.

« Je m’entoure d’images, principalement trouvées sur internet. Je m’intéresse au langage du corps, à la place que l’on prend dans un groupe... Les photographies m’aident à trouver les positions, mais les corps que je peins racontent ensuite une histoire qui est la mienne. » 

 

 

Nina CHILDRESS (1961) : Karen concert, 2018

Née aux EU d’une mère française et d’un père américain, Nina Childress fait ses études à l’école des arts décoratifs de Paris et vit à Paris.

En 1972, de retour sur les écrans après un terrible accident de voiture, Sylvie Vartan chante un œil caché par une mèche de cheveux. Nina Childress, qui a 11 ans, est stupéfaite en découvrant à la télévision les cicatrices de l’idole blonde, mal cachées par les cameras.

L’artiste peint des portraits d’idoles féminines glamour du cinéma et de la chanson populaire : Sylvie Vartan, France Gall, Karen Cheryl, Karen Carpenter. Elle met en évidence les clichés, l’image idéalisée de la femme véhiculée à l’époque par les émissions de variétés et les magazines.